Yaron Herman

Dans cet album j’ai voulu aller à l’essentiel. En dehors de tout concept
pré-défini, de plan, d’idée de thèmes particuliers. Juste me mettre au piano, fermer les yeux et me laisser guider par la musique. Partir en voyage intérieur. Pour la première fois, je suis entré en studio les mains libres, préparation minimale. Le résultat est un mélange d’improvisations libres, un thème classique détourné, un standard déconstruit, des morceaux traditionnels qui sont apparus comme une  évidence. Le tout comme une histoire qui s’écrivait sous mes yeux en suivant une narration aussi invisible qu’intuitive. C’est précisément quand on accepte « de ne pas savoir » que l’âme -ou l’esprit, le flow, qu’importent les termes- semble se manifester plus volontiers.

Yaron Herman

– NEWS –

Album ALMA paru le 4 octobre 2022 
2 concerts au de l’Athénée (Paris, les 7 novembre et 5 décembre 2022).

 

Alma ouvre une toute nouvelle porte pour le pianiste Yaron Herman.

 

Après dix albums, le voici qui se jette dans le vide et, pour la première fois, nous offre un corpus entièrement improvisé, à la fois sidérante photo de l’instant et foisonnant miroir de son passé.

Rappelons que Yaron se trouve contraint par une blessure au genou à mettre un terme à prometteuse carrière de basketteur, il se plonge alors dans la musique, à l ‘âge de seize ans. Son apprentissage, sous l’égide d’Opher Brayer, l’encourage dans une vision holistique où l’étude de la musique est la partie d’un tout qui intègre la philosophie, la psychologie et les mathématiques. Le piano est ainsi au centre d’une réflexion plus globale, un compagnon de voyage pour tenter de décrypter les mystères du Monde.

 

Ce parcours créatif, foisonnant et atypique est d’ailleurs la trame d’une passionnante et généreuse réflexion globale conduite dans un ouvrage intitulé « Le Déclic Créatif », récemment signé de sa plume.

On oublie parfois qu’à l’aube des musiques, jusqu’à la fin du 16ème siècle, l‘ improvisation « totale » était au coeur de la pratique. Plus tard, de Bach à Chopin, de Beethoven à Messiaen, tous ont troussé des mélodies et inventé des harmonies dans l’instant, qui parfois devinrent la matrice de leurs chefs-d’oeuvre.

C’est le chemin que suit Yaron Herman lorsqu’il franchit la porte du studio pour y graver Alma. Sans aucun scenario préconçu, il va aller au bout d’une forme de lâcher-prise, être tout entier à l ‘écoute de ce que la musique a à lui dire, ouvrir des portes vers des espaces qui lui sont encore inconnus.

 

Improviser c’est composer en temps réel.

Lorsque l’on écrit de la musique, le geste premier – ce que l ‘on nomme parfois « Inspiration » – est improvisé. Composer c’est d’une certaine façon, improviser muni d’un crayon et d’une gomme Alma procède ainsi d’un flux qui dépasse la Musique elle-même, et trouve sa source dans l’impérieux désir de « toujours laisser la porte entrebâillée pour inviter ce qui doit arriver à se produire. »

Construire de la sorte des pièces concises et savamment architecturées, inventer des mélodies qui se développent en suivant une logique qui se définit en temps réel est un processus d’une infinie complexité. Sont alors requis une capacité d’invention et de concentration hors norme, un sens du présent doublé d’une (in)conscience du futur sans laquelle aucun développement n’est possible.

 

Alma, est une rare invitation, une danse intérieure qui nous emmène très loin, c’est un voyage sensoriel auquel on est convié et une émotion profonde qui ne nous lâche jamais

 

– LINE-UP –

 Yaron Herman (piano solo)

EN TOURNÉE