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King Ayisoba

Transe Kologo Music [GH]

King Ayisoba

« King Ayisoba n’arrive jamais à pas feutrés. Il porte aux pieds des sabots hollandais. On l’entend venir de loin. Cela lui plaît. « J’en possède beaucoup, car j’en achète à chaque voyage en Hollande », raconte le chanteur ghanéen, actuellement en tournée européenne pour plusieurs mois, et qui fait une escale à La Marbrerie, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), pour présenter son nouvel album, 1000 Can Die« J’aime ces chaussures, confortables et qui font beaucoup de bruit. Quand je les claque dans les escaliers de la présidence, à Accra [la capitale du Ghana], tout le monde se retourne. Pareil dans le métro parisien ! »

La singularité de King Ayisoba ne se résume pas à ce qu’il chausse. Tout étonne et en impose chez lui. La carrure, les vêtements colorés, les locks, le regard et la voix. Sombre et tour à tour rocailleuse ou nasillarde, celle-ci semble se dédoubler quand il chante, les yeux vers le ciel, en triturant les cordes de son kologo, le luth traditionnel à deux cordes dont il est le roi incontesté au Ghana.

Il y vit depuis 1974, l’année de sa naissance à Bongo Soe, un village situé non loin de Bolgatanga, dans le nord-est du pays. « Quand je joue et je chante, je suis pris par l’esprit du kologo et j’entre en transe. Une fois que je suis dedans, c’est difficile d’arrêter. » Souvent, ses chansons s’enchaînent sans aucune pause.

 

Assister à un concert de King Ayisoba, habité par une force tel­lurique et mystérieuse quand il chante, crie et s’agite, est une expérience. Il avait 4 ans lorsque son père lui a fabriqué son premier instrument. « Je ne marchais toujours pas, malgré mon âge, poursuit le chanteur. Un visiteur venu du Burkina Faso a dit à mon père qu’il fallait me faire un kologo, car, d’après lui, j’étais pris par l’esprit du kologo, par mon grand-père. Ce kologo fut mon premier instrument et j’ai pu commencer à marcher. »

Il n’a pas connu ce grand-père qui guérissait les gens avec son kologo. Il est mort avant sa naissance. Lui-même n’a pas le don pour soigner. « Depuis que j’en joue, j’ai toujours voyagé, l’esprit guérisseur du kologo s’est donc perdu avec moi, car pour soigner avec le kologo, il faut rester à la maison et se consacrer à cela. J’ai choisi une autre voie. » Celle-ci s’amorce à Accra, où affluent beaucoup de paysans du Nord. Il y rencontre le musicien Terry ­Bonchaka, alors une des figures populaires du hiplife qui mixe le highlife (principal style musical ghanéen) et le hip-hop. Il y en­registre son premier album en 2006 (Modern Ghanaians) dont le single I Want to See You My Father remporte les Ghana Music Awards en 2007.

 

L’année suivante le « King » du kologo sort son deuxième album, Africa, et part en tournée européenne, en passant par la Hollande. Une première paire de sabots et une collaboration en marche avec Arnold de Boer, dit « Zea », chanteur du groupe punk-rock alternatif et free jazz The Ex, et réalisateur artistique du nouvel album de King Ayisoba, 1000 Can Die, enregistré à Amsterdam. Y participent quelques allumés de sa trempe, dont le vétéran jamaïcain Lee Scratch Perry, le ­saxophoniste nigérian Orlando Julius, le rappeur ghanéen M3nsa et le ghanéo-roumain Wanlov the Kubolor.

 

« La chanson qui donne son titre à l’album m’a été inspirée par un de mes frères qui fut soldat de l’armée du Ghana sous J. J. Rawlings [président du Ghana de 1981 à 2001], explique King Ayisoba. J’ai voulu parler de la vie des soldats, qui tuent et meurent dans le chaos de la guerre. Je pense aussi au Liberia, meurtri par la guerre – nous avons beaucoup de réfugiés libériens au Ghana. En même temps, j’évoque la vie qui continue, les naissances, les mariages, malgré les conflits. » L’esprit du kologo, c’est aussi cela, une vision positive de la marche du temps. » – LE MONDE – Patrick Labesse

Suivez-les :

  • 1000 Can Die
  • Africa Needs Africa
  • Dapagara feat. Orlando Julius
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La musique de King Ayisoba fait partie de la franges des musiques africaines engagés et obsédantes

Songlines -

Sa trance roots et punk évoque autant la techno acoustique que les emballements gnaouas, ensorcelant (…) A la fois roots et inventive, assurément unique, elle intrigue et fascine autant que le personnage

Télérama -

Le pouvoir fascinant des diatribes du Punk-Sorcier ghanéen en rébellion contre les élites corrompues et leurs politique assassines

Les Inrocks -

Line-up : A. AYISOBA |Azur ABOBA | Sulley AYUUNE | Francis AYAMBA | Abaadongo Adonta APOREE, 

Références : La Marbrerie (Montreuil) ; BBC Live (London) ; Platform Theatre (Glasgow) ; Eurockéennes de Belfort (FR) ; Soirée de clôture Les Suds à Arles ; B-Sides Festival (CH) ; Nuit Africaine (BEL) ; Bimhuis (NL) ; Le Tamanoir (FR) ; Le Deux Pièces Cuisine (FR) ; Les Nuits Couleurs de Gignac (FR) ; Roskilde Festival (DK) ; Afrika Festival (NL) ; Amsterdam Roots Festival (NL) ; Fusion Festival (DE) ; North Sea Jazz Club (NL) ; Copenhagen Jazz Festival (DK) ;  Respect Festival (CZ) ; Music Meeting (NL)…